Jésus D’Angoulême

Mars 2025.

À cette époque, je recommençais doucement à faire de la photo. Je passais mon temps à photographier des bâtiments, des façades, des perspectives. Les gens ne m’intéressaient pas vraiment. J’aimais les pierres, les lignes, les ombres.

Ce jour-là, dans les rues d’Angoulême, alors que je m’apprêtais à repartir, une silhouette a attiré mon regard.

Un homme marchait seul.

Une silhouette familière qui semble appartenir au décor depuis toujours. Pourtant, quelque chose était différent. Je me suis surpris à penser qu’il ferait une photographie intéressante.

Puis j’ai immédiatement repoussé l’idée.

Je ne faisais pas de photographie de rue.

Photographier un inconnu ? Non.

J’ai continué quelques mètres.

Puis je me suis arrêté.

J’ai fait demi-tour.

Je suis remonté la rue pour prendre suffisamment de distance et j’ai déclenché.

Sans le savoir, je venais de réaliser ma première véritable photo de rue.

Pendant longtemps, j’ai cru que cette photographie était simplement une photographie parmi d’autres.

En revenant à Angoulême le 21 août 2026, j’ai compris qu’elle représentait beaucoup plus.

Depuis cette image, des centaines d’autres ont suivi. Des inconnus croisés dans les rues, des regards, des scènes de vie, des instants volés au quotidien.

Tout ce pan de ma photographie est né ce jour-là.

D’une certaine manière, je le dois à cet homme.

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