L’Hôtel abandonné Alexandra

Pour mon tout premier urbex, j’ai posé mes appareils à l’hôtel Alexandra, un paquebot Art nouveau complètement cramé qui trône au-dessus de Vernet-les-Bains.

Dans les années 30, c’était le spot de la haute : des têtes couronnées, des violoncellistes de génie, et même André Malraux qui y grattait son bouquin L’Espoir entre deux verres.

Aujourd’hui, l’espoir a laissé place à une sacrée décharge. Entre la guerre de 40 et l’Aiguat ; cette monstrueuse inondation qui a tout rincé dans le coin ; la bécane s’est enrayée.

Bilan des courses : 40 ans de fermeture, des plafonds qui s’effondrent, des façades taguées jusqu’à l’os et de la fiente de chauves-souris. Un cadastre de prestige devenu un terrain de jeu pour squatteurs et amateurs de ruines.

Balance des blancs calée, ISO dans le rouge, voici ce qu’il en reste.

Se prendre l’Alexandra en pleine poire pour une première exploration, ça calme.

C’est lourd, c’est brut, et ça pue le poussiéreux. En déambulant dans ces couloirs où une Britannique planquait des gosse juifs pendant l’Occupation, on réalise à quel point quelques décennies de flotte et de vandalisme gratuit peuvent démolir un mythe.

Le bâtiment a fini aux enchères pour 376 000 balles, une paille sur le papier, mais un gouffre financier pour n’importe quel fondu qui voudrait retaper le merdier.

On repart de là les chaussures pleines de gravats, le capteur plein de poussière, avec la certitude qu’on ne vient pas juste de shooter des murs en ruine, mais le cadavre d’une époque qui ne reviendra jamais.

Carte postale ancienne montrant la vue d'ensemble du grand Hôtel Alexandra à Vernet-les-Bains à son époque d'activité.

L’Hôtel Alexandra à son époque d’activité.

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